Malgré Internet et la multiplication des plateformes légales de streaming comme Netflix, voir des films au cinéma reste un des loisirs préférés des Français. En dépit de cette concurrence, le cinéma n’arrête pas d’attirer encore plus de personnes. Selon les derniers chiffres, les salles obscures ont attiré 200,5 millions d’entrées en 2018 (d’après le CNC). La France demeure le premier marché européen du cinéma. Une question demeure : comment le cinéma attire-t-il autant de monde avec la concurrence grandissante d’Internet ? Marc Dingreville, directeur du Cinéma de Domont, répond à travers cet article.

Une industrie centenaire

Le cinéma est une industrie et un art centenaire. A l’époque, bien que les films étaient en noir et blanc, il a totalement révolutionné la vie sociétale. Avec le temps et les progrès technologiques, le cinéma est devenu un loisir incontournable pour de nombreux français.

De plus, la variété des histoires convient à tout type de public. Petits et grands peuvent tous profiter de ce loisir. Ainsi, il est possible de profiter de cette activité en famille ou entre amis.

Enfin, les progrès technologiques (effets spéciaux de plus en plus réalistes, 3D et même 4D) ont attiré un autre public et entretenu la flamme des passionnés.

Comment le cinéma a-t-il trouvé le succès ?

On ne peut pourtant pas entièrement imputer le succès des salles obscures qu’aux progrès techniques. D’après différents sondages, le secteur doit aussi son succès à la qualité de ses écrivains. En effet, les histoires écrites amènent les spectateurs à s’identifier aux personnages.

De plus, ce média permet de véhiculer des messages et d’inculquer des valeurs aux jeunes spectateurs. A travers une histoire, il est plus facile de faire passer des messages.

Enfin, les jeunes sont clairement plus attirés par le cinéma, car le 7ème art permet de raconter des histoires en quelques minutes/heures contrairement à un livre où il faut s’y plonger pendant plusieurs jours. Il est donc plus accessible.

D’ailleurs, le cinéma en France reste, depuis de nombreuses années maintenant, le premier marché européen en terme de fréquentation. En effet, en 2017, il s’est vendu 209,4 millions de tickets dans l’hexagone. Ce chiffre est stable depuis quelques années : 209,1 millions en 2014, 205,4 millions en 2015 et 213,2 millions en 2016. Ces ventes en hausse ont aussi entraîné une augmentation des recettes des salles. En 2017, elles ont grimpé à 1 357,9 millions d’euros. En conséquence, ce chiffre est aussi stable depuis quelques années : 1 307,4 millions en 2014, 1 309,7 millions en 2015 et 1 366,5 millions en 2016, qui reste l’année record du secteur du cinéma en France à tous les niveaux.

Ainsi, les Français restent les plus gros consommateurs de films en Europe. En effet, plus de 39 millions de spectateurs se sont rendus en moyenne 5,3 fois dans une salle de cinéma.

En France, les plus gros succès du box-office sont :

  • Le Titanic, de James Cameron (1998, US) avec 21,78 millions d’entrées ;
  • Bienvenue chez les Ch’tis, de Dany Boon (2008, FR) avec 20,44 millions d’entrées ;
  • Intouchables, de Olivier Nakache et Éric Toledano (2011, FR) avec 19,51 millions d’entrées ;
  • La Grande Vadrouille, de Gérard Oury (1966, FR/GB) avec 17,33 millions d’entrées ;
  • Autant en emporte le vent, de Victor Fleming (1950, US) avec 16,73 millions d’entrées.

Ces succès ne sont pas étonnants, car la France est bien servie en salles de cinéma. Dans l’hexagone, il y a 5467 écrans regroupés dans 2020 cinémas, c’est-à-dire 8,5 écrans pour 100 000 écrans, le meilleur chiffre en Europe. Cependant, il ne faut pas croire qu’il n’existe pas de disparités. En effet, certains territoires ruraux sont très mal desservis alors que les milieux urbains sont souvent très favorisés. Par exemple, Paris compte déjà 404 écrans répartis dans 87 établissements.

L’évolution du cinéma avec la 3D

Les évolutions technologiques dans le cinéma sont assez extraordinaires, quel parcours ! L’une d’entre elles, qui a particulièrement révolutionné le cinéma, est bien évidemment la 3D. Mais saviez-vous qu’elle est apparue en 1938 grâce au premier stéréoscope à réflexion conçu par Charles Wheatstone ? Et oui, on est bien loin de l’idée reçue selon laquelle Avatar serait le film précurseur de la 3D ! Contre toute attente, le premier film tourné en 3D, tout du moins en relief, est ainsi sorti en 1953, « L’homme au masque de cire ». 

Mais comment fonctionne la 3D ? Les tournages sont effectués, comme l’explique Marc Dingreville, grâce à des caméras spécifiques, équipées de deux lentilles avec un écart correspondant à celui qui sépare nos yeux. Une fois le film en salle, les deux images sont alors projetées simultanément sur l’écran, par un projecteur 3D. Il ne vous reste plus qu’à mettre les lunettes spéciales remises à l’accueil pour savourer votre film en totale immersion ! Car sans ces lunettes, l’image que vous voyez est tout simplement floue ! La 3D repose en effet sur le fait que nous voyons des images différentes avec nos deux yeux. Il faut alors fournir au cerveau des images différentes afin de reproduire la 3D sur écran, et les lunettes spéciales permettent de la visualiser !

Zoom sur l’influence des plateformes de streaming sur le cinéma

Avec l’essor des plateformes de streaming, les gérants des salles de cinéma craignaient une chute considérable des sorties cinéma. Cette inquiétude paraît légitime, surtout quand imaginait la perspective des jeunes, gros consommateurs de cinéma, disposant d’une offre qui leur permettrait de visionner des films à leur convenance.

Pourtant, le scénario catastrophe pour le cinéma n’est pas aussi noir qu’il paraît…et même loin de là d’après une étude de Ernst & Young réalisée en 2018. Sur les 2500 personnes interrogées, les chiffres montreraient que les plus gros utilisateurs de ces plateformes seraient aussi les plus gros consommateurs de cinéma. Quant aux personnes interrogées qui ne sont pas allées au cinéma dans les 12 derniers mois, la moitié n’a pas regardé de film sur Netflix ou d’autres plateformes de streaming légales.

En conséquence, les experts pensent que les plateformes de vidéo en ligne ont que très faiblement impacté les sorties au cinéma. Une nouvelle qui se veut rassurante pour l’industrie et ses fans.

 

On s’aperçoit donc que face à l’émergence d’Internet ou des sites de streaming légaux et les services de VOD (Video On Demand ou vidéo à la demande en français), le cinéma continue d’attirer les foules. Pour les professionnels du secteur, comme Marc Dingreville, cette tendance n’est pas prête de prendre fin. En effet, le cinéma se présente avant tout comme une sortie que l’on fait le week-end ou le soir après une dure journée de travail. C’est un moment de détente et de partage entre amis ou en famille.



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